La préparation mentale
des combattantes

Non, le combat n'est pas réservé aux hommes. Non, parler mental n'est pas une faiblesse. Ce que la recherche et les championnes révèlent sur le mental au féminin.

  • Le cliché, pas le niveau
  • 7 championnes, 3 Françaises
  • Des outils universels

L'UFC a dit « jamais »

Le cliché « le combat, c'est pour les hommes » n'a pas résisté aux faits.

En 2011, on demande à Dana White, patron de l'UFC, quand les femmes combattront dans l'organisation. Sa réponse tient en un mot : « jamais ». Deux ans plus tard, en 2013, Ronda Rousey dispute le premier combat féminin de l'histoire de l'UFC. Depuis, les championnes se sont multipliées, dans toutes les disciplines et dans tous les pays, dont la France. Même le dirigeant du sport portait le cliché. La réalité l'a corrigé.

Autre idée reçue : parler de mental serait un aveu de faiblesse, et plus encore chez une femme. Là aussi, les faits disent l'inverse. Le champion du monde de Jiu-Jitsu Brésilien Mikey Musumeci parle ouvertement de sa dépression et de la pression, ressentie très tôt, de devenir « une version plus masculine de lui-même ». Rose Namajunas, double championne de l'UFC, milite pour la santé mentale après une enfance marquée par le harcèlement. Le mental n'est pas un sujet féminin : c'est un sujet humain, que les plus grands assument désormais publiquement.

Ce que dit la recherche

Le mental des combattantes n'est pas différent. C'est le contexte qui l'est.

01

Un cliché qui pèse

Les sports de combat sont codés « masculins » (contact, opposition frontale, force). La recherche sur la menace du stéréotype montre qu'un stéréotype négatif peut dégrader la performance d'une athlète, même quand elle n'y adhère pas.

Aïna Chalabaev, Philippe Sarrazin et al.

02

La confiance, autrement

Les sources de la confiance en compétition diffèrent : la maîtrise, la qualité de la préparation et le soutien de l'entourage pèsent davantage. Un travail de confiance calibré sur ces sources est plus efficace qu'un discours générique.

Robin Vealey, sources de la confiance en sport.

03

À l'élite, l'écart se comble

Les écarts de confiance observés entre femmes et hommes disparaissent chez les athlètes de haut niveau. Ce n'est donc pas un trait figé : c'est un levier qui se travaille, comme la technique ou le physique.

Vealey, 1988.

La conséquence est concrète : le travail ne consiste pas à « calmer » une combattante, mais à relire l'activation d'avant-combat comme un carburant, et à ancrer la confiance sur sa préparation plutôt que sur le regard extérieur. Neutraliser le poids du cliché, c'est un axe mental à part entière.

Des championnes qui travaillent leur mental

Exemples documentés, hommes et femmes de toutes disciplines. Citées à titre documentaire : elles ne sont pas clientes de Mental de Combat.

Judo → MMA

Kayla Harrison

Double championne olympique de judo, double championne PFL, championne de l'UFC en 2025. Elle visualise sa victoire chaque soir, s'appuie sur un mantra répété avant le combat et a été suivie par une psychologue du sport.

Source : ESPN.

MMA

Ronda Rousey

Médaillée olympique de judo et première championne de l'UFC. Rousey décrit avoir tout anticipé mentalement à l'avance, une forme poussée d'imagerie mentale.

Source : My Fight / Your Fight, 2015.

JJB

Mackenzie Dern

Championne du monde IBJJF. Elle passe sa semaine de compétition immergée dans la visualisation et soigne son contrôle émotionnel pour rester lucide sous pression.

Citation publique.

Boxe

Katie Taylor

Championne olympique et championne du monde indiscutée. Taylor met en avant une routine de concentration qu'elle rejoue avant et pendant le combat.

Source : The Irish Times.

Judo · France

Clarisse Agbegnenou

Sextuple championne du monde et championne olympique à Tokyo. Agbegnenou intègre la préparation mentale à sa routine pour garder le contrôle de ses émotions en compétition.

Citation publique.

Kickboxing · France

Anissa Meksen

Multiple championne du monde de kickboxing et de muay-thaï. Pour Meksen, à techniques égales, c'est le mental qui décide.

Source : FemininBio, 2021.

MMA · France

Manon Fiorot

Championne du monde amateur IMMAF puis championne EFC, première Française à décrocher un titre mondial professionnel de MMA (13 victoires, dont plus de la moitié avant la limite). Elle travaille avec sa coach mentale depuis des années.

Palmarès public ; remerciements publics à sa coach mentale.

Merci à ma coach mentale et amie de toujours Pauline Leroux, pour toutes ces heures passées au téléphone, pour m'avoir aidée à travers les doutes, et pour tous ces déplacements à Montréal à mes côtés. On l'a fait, tout s'est aligné ce soir.

Manon Fiorot, après une victoire par TKO au premier round

Ce qu'on travaille

Les outils universels du mental de compétition, plus un levier propre au contexte.

Les outils, identiques

Visualisation, routine d'avant-combat, respiration, discours interne : les leviers du mental de compétition sont les mêmes, quel que soit le sexe. Ce sont eux que travaillent les championnes citées plus haut.

Neutraliser le poids du regard

Le levier supplémentaire : ancrer la confiance sur sa préparation et sa maîtrise, pas sur le regard extérieur ni sur le cliché. Moins de charge mentale ajoutée, plus de place pour la performance.

Cette lecture nourrit l'approche de Mental de Combat, ouverte aux combattants comme aux combattantes. Elle relève de la performance en compétition : Pao est préparateur mental, pas psychologue. Pour tout ce qui touche à la santé mentale, orientez-vous vers un professionnel de santé.

Questions fréquentes

Les combattantes ont-elles besoin d'une préparation mentale différente des hommes ?

Non. Les outils sont les mêmes : visualisation, routine d'avant-combat, respiration, discours interne. La recherche note surtout un contexte différent : les sports de combat étant codés « masculins », les combattantes composent avec le poids d'un cliché en plus. Le travail supplémentaire consiste à neutraliser ce poids du regard en ancrant la confiance sur sa préparation, pas sur l'extérieur.

Le cliché « le combat, c'est pour les hommes » influence-t-il vraiment la performance ?

Oui, c'est mesuré. Les travaux sur la menace du stéréotype (Aïna Chalabaev, Philippe Sarrazin) montrent qu'un stéréotype négatif peut dégrader la performance sportive d'une athlète même quand elle n'y adhère pas. Ce n'est pas une question de niveau réel, mais de charge mentale ajoutée.

Quelles championnes de sport de combat font de la préparation mentale ?

Beaucoup, et de longue date : Kayla Harrison (judo puis MMA : visualisation, mantra, psychologue du sport), Ronda Rousey (imagerie mentale), Mackenzie Dern (JJB : visualisation), Katie Taylor (boxe : routine de concentration), et côté français Clarisse Agbegnenou (judo), Anissa Meksen (kickboxing) et Manon Fiorot (MMA).

Manon Fiorot travaille-t-elle avec une préparatrice mentale ?

Oui. La combattante française Manon Fiorot, championne du monde amateur IMMAF puis championne EFC, première Française à décrocher un titre mondial professionnel de MMA, remercie publiquement sa coach mentale Pauline Leroux, avec qui elle travaille depuis des années, et évoque ouvertement la difficulté d'être une femme dans le milieu.

Une femme peut-elle réussir en sport de combat de haut niveau ?

Les faits ont tranché. En 2011, l'UFC répondait « jamais » à la question des combattantes ; en 2013, Ronda Rousey disputait le premier combat féminin de l'organisation, et depuis les championnes se sont multipliées, dont des Françaises. Le mental fait partie de cette réussite, au même titre que la technique et le physique.

Sources
  • Dana White (2011) et arrivée de Ronda Rousey à l'UFC (2013) : Yahoo Sports ; Ronda Rousey, My Fight / Your Fight, 2015
  • Menace du stéréotype de genre en sport : Chalabaev, Sarrazin, Fontayne et al., Psychology of Sport and Exercise
  • Sources de la confiance en sport et différences de genre : Robin Vealey, 1986 et 1988 ; Vealey et al., 1998
  • Kayla Harrison (visualisation, mantra, psychologue) : ESPN
  • Katie Taylor (routine de concentration) : The Irish Times
  • Anissa Meksen : entretien FemininBio, 2021
  • Mikey Musumeci (dépression, santé mentale) : ONE Championship
  • Rose Namajunas (santé mentale, enfance) : WUSA9 ; Refinery29

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